De la relève pour nos métiers : comment les élèves internationaux contribuent à l’économie régionale

Dans les centres de formation professionnelle du Saguenay–Lac-Saint-Jean, un mouvement stratégique s’est amorcé : l’arrivée d’élèves internationaux. Mais contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un raz-de-marée. Nos stratégies de recrutement réfléchies redonnent de l’oxygène à des secteurs en pénurie de main-d’œuvre et contribuent à la vitalité économique régionale.

Une région qui a besoin de relève

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean devra combler près de 27 000 postes d’ici 2026, en grande partie à cause des départs à la retraite. Plusieurs de ces métiers exigent une formation professionnelle : en mécanique, en santé, en métallurgie, en transport, en foresterie, en agroalimentaire, etc. Les élèves internationaux, en choisissant un DEP ou une formation technique en forte demande, deviennent donc des alliés précieux.

Recrutement ciblé et qualité éducative

Les centres de services scolaires ont avancé prudemment dans la voie du recrutement à l’international. D’abord avec quelques élèves au tournant de 2020, puis, en 2023-2024, l’année de la plus forte fréquentation, quelque 500 élèves ont fréquenté l’un des quatre CFP pour leur première ou leur deuxième année d’études.

Les CFP ciblent des candidats et candidates prioritairement pour les métiers en manque de main-d’œuvre, et dont les programmes de formation ne sont pas contingentés. Du recrutement jusqu’à la diplomation, les CFP mettent tout en œuvre pour que ces élèves réussissent leur parcours scolaire et leur intégration sociale, tout comme pour les élèves nés dans notre région.

Cet objectif est d’autant plus ambitieux que les systèmes scolaires diffèrent de pays en pays, et que rien n’a préparé ces élèves à vivre notre hiver avant leur arrivée . Des équipes dévouées et la qualité de l’accueil des gens de la région font la différence au quotidien.

Une diversité qui profite à tous

Sur le plan pédagogique et social, leur présence enrichit les cohortes :

  • par leurs perspectives culturelles variées;
  • par leurs profils de compétences différents;
  • par leur forte motivation;
  • par la valorisation de la FP qui démontre son attractivité sur le plan international.

Les enseignants et enseignantes témoignent souvent du sérieux et de l’engagement de ces élèves — une vraie force pour les groupes. Et non seulement plusieurs d’entre eux souhaitent éventuellement s’installer au Québec, mais leur seule inscription dans des programmes parfois moins populaires permet d’atteindre le nombre d’élèves minimal pour démarrer une formation.

De nouveaux changements législatifs du MIFI et leurs effets

Malheureusement, trois mesures gouvernementales adoptées depuis l’automne 2023 affectent l’intérêt que les candidats et candidates internationaux portent envers le Québec.

Dans un premier temps, le gouvernement fédéral a limité l’accès à un permis de travail post-diplôme, une mesure phare pour permettre aux finissantes et aux finissants d’occuper un emploi et de poursuivre leur démarche pour s’installer au Québec.

Puis, en 26 février 2025, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) a instauré un plafond strict de 32 261 sur le nombre de demandes d’élèves internationaux qu’il traitera (source). Cette gestion stricte vise à réduire le nombre de nouveaux étudiants étrangers de près de 20%, selon le MIFI (source).

Et enfin, pour les quelques diplômés ayant accès à un permis de travail post-diplôme, le Québec vient de supprimer la voie d’accès à la résidence permanente que constituait le Programme de l’expérience québécois (PEQ). Ce changement, survenu au milieu de la démarche d'immigration de certains, entraîne des impacts important sur leur trajectoire de vie et affecte la confiance des candidates et candidates envers nos institutions.

Les CFP s’adaptent à ces nouvelles mesures en espérant un peu plus de prévisibilité et d’écoute des besoins des employeurs et des institutions régionales au cours des prochaines années.

Un partenariat gagnant pour la région

Pour les entreprises, les diplômés internationaux sont pourtant un atout : main-d’œuvre qualifiée, formée localement, prête à s’engager. Pour la région, c’est un levier pour compenser le vieillissement de la population, stimuler l’économie et garder des métiers essentiels florissants.

Loin d’être un simple phénomène quantitatif, la présence d’élèves internationaux en FP au Saguenay–Lac-Saint-Jean est une bouffée d’air vitale : ils comblent des besoins concrets, diversifient les classes et renforcent l’écosystème professionnel régional. Leur rôle demeure stratégique, plus nécessaire que jamais.

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